Tanger: L’artisanat peine à décoller
Par Webmaster, vendredi 30 mai 2008 à 10:28 :: General :: #24 :: rss
Main-d’œuvre et marché, principaux freins
Une étude propose la mutualisation des ventes
C’est une véritable cartographie du secteur artisanal de la région nord que celle présentée par un cabinet d’études à Tanger. L’étude menée par un tandem de cabinets marocain et espagnol a été financée par le fonds européen Interreg III dans le cadre du programme de coopération qui lie la mairie de Tanger et la Fédération des communautés du Bajo Guadalquivir.
L’étude, malgré des données relativement anciennes (2005), a le mérite de jeter un éclairage direct sur l’artisan des villes de Tanger, Tétouan, Chefchaouen et d’autres agglomérations du nord du Maroc. Sans surprise, l’étude montre que plus de 55% des ateliers sont composés de moins de 5 personnes. Pour se développer et être viables à long terme, ces ateliers doivent être rentables et avoir une productivité élevée, ce qui est loin d’être le cas de la plupart des artisans. Les principaux obstacles concernent la main-d’œuvre et la commercialisation. Les trois quarts des employés sont des apprentis formés directement dans les ateliers alors que seulement 20% sont issus de centres de formation. Le reste est composé d’ateliers familiaux où la transmission du savoir se fait de père en fils. Près de la moitié des artisans sondés assure ne pas trouver de main-d’œuvre qualifiée et devoir de la sorte assurer sa propre formation. Certains artisans avancent aussi le phénomène de saisonnalité de main-d’œuvre. Elle est disponible pendant les périodes creuses, hiver et printemps, et se fait rare dès lors que la saison touristique pointe à l’horizon. Car, elle préfère se consacrer à des activités plus rentables, commerce de pacotille ou autre activité liée au tourisme. Les produits fabriqués varient selon la région. Ainsi, Tétouan connaît une forte concentration de maroquiniers, alors que Tanger se consacre à la menuiserie et les métiers du bois. Ils sont suivis par le travail du fer forgé et celui des tailleurs traditionnels. Ces quatre secteurs représentent à eux seuls plus de 50% de l’ensemble des ateliers. La vente directe est l’une des méthodes de commercialisation les plus utilisées. Elle représente plus de 40% de l’ensemble des transactions. L’exposition en vitrine arrive loin derrière avec 22%. L’intermédiaire est minoritaire, seuls 14% des produits sont écoulés dans des boutiques appartenant à des tiers. Concernant la vente sur Internet, seuls 21% croient que le Web pourrait constituer un bon moyen de publicité et de diffusion pour leurs articles, alors que moins de 2% vendent déjà sur internet. Selon les conclusions de l’étude, la mise en place d’un véritable réseau de commercialisation pourrait aider à mieux écouler la production artisanale. Le réseau de distribution actuel est trop «imbriqué» dans le système de production. L’idéal serait de séparer les deux, même si les volumes de production actuels ne son pas élevés. Une solution serait la création de réseaux communs de commercialisation : mutualisation des ressources de vente avec une réduction des frais liés. Ceci permettrait d’améliorer les revenus des artisans qui ne peuvent compter sur l’argument du volume pour augmenter leurs recettes.
Ali ABJIOU leconomiste.com
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